Du rectificatif de Mr DUNY

ou théorie du dernier qui a parlé qui a raison

 

Suite au rectificatif fait par Mr Duny concernant l'hommage à Jacquy Dupret et même si, à sa demande, je retire de son ouvrage le témoignage de Pierre Soubeyrand, je tiens à dire que je ferai tout pour diffuser ce témoignage notamment sur mon site www.avecvuesurlamer.com.

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Qui aura été le plus bénévole au service du vieux bourg de Saint Montan ? Vaste et interessante question!

 

Est ce celui qui a été parfois défrayé? a recu des indemnités au titre des formations,indemnités bien méritées eu égard au travail qu'il a abattu

et de ses compétences précieuses

a toujours été là quand on avait besoin de lui pour un travail difficile

n'a jamais fait état de tout ce qu'il a offert à l'association et que celle ci a aujourd'hui vite fait d'oublier

Je peux en témoigner en tant que benévole pendant des années sans jamais avoir demandé moi aussi de carte des « amis de Saint Montan » ni bien sur de rémunération (à part le vin offert par l'association ce qui peut-être sera consideré comme un salaire!).

Cette carte on n'en avait pas besoin, on la croyait naïvement automatique pour ceux qui donnaient toutes leurs vacances pour elle.

Bien sûr certains sont plus légalistes, moins candides et moins généreux.

 

Ou bien? celui qui a sa carte de membre depuis des années, a payé sa cotisation et en retire une gloriole qui est pour lui la plus grande des rémunérations avec laquelle il paye sa vanité sur les décombres d'un beau projet évanoui.

et qui peut-on ajouté a vendu sa ruine qu'il avait gardé de coté beaucoup plus cher que ce que ca valait avant la restauration collective, alors que d'autres l'avait quasiment donné.

 

Oui je pense qu'il y a bénévole et bénévole et que du même coup il y a ami et ami de Saint Montan.

Pour moi les plus grands amis de Saint Montan ne sont surtout pas ceux qui en tirent une gloire car ceux là je l'affirme n'ont jamais été là quand c'était dur quand il s'agissait de donner de soi sans contrepartie aucune, petite fourmi parmi les fourmis

Jacquy Dupret était une de ces fourmis et même la chef de file. Sans lui presque aucune fourmi ne serait venu retaper le vieux bourg, donc sans lui plus de vieux bourg.

Il s'est mis en dehors de l'association sur un coup de tête, voire un coup de gueule

et il l'a regretté car c'était son oeuvre qu'il quittait sans vouloir le dire car il était trop humble. Il me l'a dit, il a regretté son départ et a pensé à revenir mais ce n'était plus possible

Aussi pensait-il continuer cette oeuvre démocratiquement par la municipalité dont il fut maire adjoint et dont sans doute il serait devenu le maire.

Bien sur il n'aurait alors pas pris les options faciles qui ont été prises ensuite à l'égard du vieux bourg, puisque comme il le dit dans le film de Bernard Cauvin et Laurent Regnier: le vieux bourg a été reconstruit pour la commune et ses habitants il est un patrimoine très important au niveau culturel et économique , ce que doit posséder la commune de plus cher et donc lui revenir ainsi qu'à ses habitants.

D'ailleurs cela a toujours été le but, tous les bénévoles le diront eux qui se sont investis parfois des années dont certains avec des compétences bien utiles dans l'encadrement des autres notamment à des périodes ou il n'y avait à peine que de quoi acheter le sable et le ciment (pendant plusieurs années il n'y a même pas eu de bétonnière, les dalles se gachaient à la main).

Tous le diront ils ne travaillaient pas pour une personne mais pour le village et pour un village ouvert, un village d'accueil, un centre socio-éducatif mélangé d'habitats pour faire revivre le village pleinement, non pas en cité dortoir mais avec des activités de village vivantes et constructives.

Ne pas tomber dans le piège de l'argent, c'était ce qui faisait peur à tous et particulièrement à Jacquy, l'attrait des vieilles pierres suscite des convoitises de toutes sortes, d'où une association depuis le début très « fermée » très protectionniste surtout à l'égard d'éventuels promoteurs.

Mais Jaquy s'est rendu compte vers 1986 qu'une association n'etait pas un excellent rempart contre les individualismes et les goûts de pouvoir, il révait d'une maitrise doeuvre collégiale et d'orientations démocratiques pour le vieux bourg et le château, d'orientations ouvertes sur les avis et les envies des habitants et des amoureux de Saint Montan.

Quoi de plus démocratique pour une commune que sa municipalité et quel meilleur outil pour une personnalité ayant le charisme et l'amour de son village et de ses habitants telle que Jacquy

 

Jaquy et sa bande de bénévoles ont fait un travail incroyable durant les 15 premières années. En 86 il me confiait qu'il pensait le village « terminé » en terme de sauvé mais qu'il était très inquiet pour la suite car il pensait que cela allait être à la fois plus facile (économiquement sans doute car en 86 je louais alors Demoline la 1ere maison terminée de l'association les autres allaient suivre) mais plus difficile à réfléchir, à ouvrir, à rendre utile, bref à gérer et surtout à animer

Quand il a quitté l'association, un peu trop précipitamment, Il savait qu'il y aurait forcemment quelqu'un pour continuer à s'en occuper a-minima puisque des rentrées d'argent régulières étaient là (loyers et subventions) .

D'expérience tous les créateurs savent que quand il y a de l'argent il y a toujours plus de « bénévoles » pour s' occuper de ce qu'ils ont créé. Personellement je les qualifieraient plutôt d'habiles récupérateurs.

Pour Jacquy il fallait aller s'occuper du château et pour cela il allait mobiliser la commune, bien sur là c'était une erreur: il était absurde et injuste de ne pas utiliser l'argent de l'association pour cette oeuvre immense.

Et bien sur n'étant plus dans l'association celle ci ne souhaitait pas spécialement s'y investir avec Jacquy (l'aurait elle fait s'il y était resté? rien n'est moins sûr et c'était peut être là la vraie raison de son départ) Jacquy present d'autres ne pouvaient dévellopper leur égo.

En tout cas une fois à la mairie il réalisa à nouveau un travail considérable avec très peu de moyens grâce à quelques subventions et les stagiaires de l'UDAF. Pendant 2 ans il refait entièrement la partie de l'ancienne cure qui donne sur la rue (maintenant salle Jacquy Dupret). Si la mort ne l'avait saisi par surprise il aurait sans doute continué à se battre pour rendre aux Saint Montanais leur patrimoine et l'entière liberté de décision sur les projets et travaux à réaliser.

 

Oui ce projet a été un bel espoir, non seulement de réhabiliter des ruines quasi irrécupérables, mais aussi et surtout de réaliser une cohésion et une fierté quotidienne à ses habitants, un projet dans lequel ils auraient été associés et dont ils pourraient profiter grâce à de nombreux espaces collectifs et de nombreux pôles d'activités culturelles. Oui je sais le collectif n'est plus tellement d'actualité il s'agit plus de peur, de portes fermées, de repli sur soi, de loyer et de prestige. C'est sans doute ça le prix d'un village....

de caractère?...

 

Le dicton a surement raison ce sont les meilleurs qui s'en vont , en tout cas c'est, souvent, ceux qui ont le plus oeuvré.

 

le 15/12/2005 à Saint Montan

 

Gérard MONTEL